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Grand Prix de France 1969

L’équipe Tyrrell a démarré la saison en fanfare. Jackie Stewart s’est octroyé trois succès, le premier sur la Matra MS 10 en Afrique du sud puis sur la MS 80 en Espagne et Hollande. Seul Graham Hill a rompu les succès franco-britanniques sur le circuit de Monaco. A l’approche de l’épreuve française un absent de marque est signalé, il s’agit de Jack Brabham accidenté lors d’une séance d’essais à Silverstone.

Le pilote australien s’est fait une grosse frayeur à la suite d’une sortie de piste qui l’expédia contre un talus. La tôle enfoncée au niveau des jambes l’empêche de sortir de sa monoplace alors que de l’essence se répand autour de sa voiture. Une  sacrée panique le gagne avant l’intervention des secours. Brabham est terrifié à l’idée d’un possible départ d’incendie. Il en oublie la douleur occasionnée par le choc. Une de ses chevilles est fracturée. Heureusement le feu n’a pas démarré. « Black Jack » s’en est finalement bien sorti mais ne reprendra du service qu’au Grand Prix d’Italie.

A quelques encablures du Puy de Dôme, le circuit « vert » de Charade est retenu cette année pour organiser le Grand Prix de France. Il développe un peu plus de huit kilomètres agrémentés de fortes dénivellations. Ce petit « Nürburgring » est très sélectif, sûrement la plus belle piste accueillant le Grand Prix national. Les pilotes cependant se plaignent des nombreux virages trop étroits qui provoquent d’incessants mouvements latéraux, leurs cervicales sont rudement mises à l’épreuve.

Les essais : les équipes Lotus, Matra, Mc Laren, Ferrari, Brabham sont sur le pied de guerre en arrivant sur le beau circuit de Charade. Jack Brabham muni de béquilles est présent dans son stand, il n’est pas remplacé. L’écurie BRM, en pleine restructuration, est absente. Ferrari  n’a pas encore trouvé de second pilote, Amon est seul engagé. John Miles, troisième pilote de l’écurie Gold  Leaf, dévermine la Lotus 63 à transmission intégrale. Quelques privés viennent heureusement grossir les rangs des engagés : Rob Walker/Durlacher engage une Lotus pour Jo Siffert, Franck Williams une Brabham pour Piers Courage, Silvio Moser engage et pilote une ancienne Brabham BT 24, Vic Elford pilote une Mc Laren privée (Ecurie Antique Automobiles).  Treize pilotes participent aux qualifications. Stewart a essayé la  MS 84 mais tourne 4 secondes moins vite qu’avec sa voiture habituelle. Elle reste donc dans les box. Le duo Stewart-MS 80 domine, près de deux secondes devant Hulme très à l’aise sur cette piste. Suivent Rindt (Lotus), Ickx (Brabham), Beltoise (Matra), Amon (Ferrari), Mc Laren (Mc Laren), Hill (Lotus), Siffert (Lotus), Elford (Mc Laren), Courage (Brabham), Miles (Lotus) et Moser (Brabham). Côté motorisation on compte un seul V12, celui de Chris Amon face à douze V8 Cosworth. 

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 La course : début d’après-midi dimanche 6 juillet, le drapeau tenu par Jean Lucas libère les monoplaces et Stewart est parti pour un festival (Pole position, meilleur tour, victoire). L’écossais augmente régulièrement son avance, il va contrôler la course de bout en bout. Le constructeur français n’a pas touché à son châssis depuis sa sortie. La Matra à l’équilibre parfait lié au pilotage non moins parfait de Stewart vont contribuer à composer un couple irrésistible sur ce Grand Prix. Matra va maintenant se concentrer sur la MS 84. La transmission intégrale a le vent en poupe durant cette saison. Le challenge s’annonce laborieux si l’on se réfère au temps de qualification de la Lotus 63. Cette dernière concède lors des essais 12 secondes à la monoplace la plus rapide. C’est donc derrière Jackie que va se concentrer l’intérêt de la course… Hulme tient la seconde position quelque temps mais sa barre anti-roulis se déconnecte, il passe par son stand où la réparation s’éternise. Ickx va prendre la seconde place au treizième tour avec 30 secondes de retard. Beltoise fait le forcing depuis le départ, il tourne dans les temps de Stewart et le public est tout acquis à sa cause. Il a passé Amon puis Rindt. Au 21ème tour ses efforts l’amènent dans les roues de Jacky Ickx.

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Les commissaires déploient le drapeau bleu mais le Belge est décidé à résister. A partir du tour 34 la bataille est à son comble. A la faveur d’un travers de Ickx, le français tente de prendre le meilleur mais il mord dans l’herbe en évitant de justesse des extincteurs placés en bord de piste. Tentative échouée.

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Beltoise essaie encore à l’épingle du Petit-Pont mais ça ne passe toujours pas. Il reste deux tours… Bébel saisit enfin la bonne occasion avant le virage de Gravenoire où Ickx commet une erreur. Le belge empiète dans le sable et lève la pédale de droite. Beltoise est passé, il va recevoir les applaudissements et gestes d’allégresse du public jusqu’à l’arrivée.      

 

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Stewart sera sacré champion à la fin de la saison. La MS 80 doit tirer sa révérence à l’issue de celle-ci. La conception structurelle de ses réservoirs la condamne. La réglementation future impose des réservoirs souples. Matra souhaite aligner son V12 dès 70 et revoit donc sa copie. Il en sortira une MS 120 peu rigide, lourde, embarquant trop de carburant pour gaver son V 12 au couple trop linéaire. Ses pilotes, Beltoise et Pescarolo, ne démériteront pourtant pas à son volant mais ceci est une autre histoire… La MS 80 fut une réussite intégrale. Elle propagera ses gènes à travers la Tyrrell 001 puis la Matra MS 120D.

PS

Photos:  DR

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