Xiti

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Grand Prix de l'ACF 1924 - à relire

                                                          GP d’ Europe - 3 Août               

                                               « C’était au temps du cinéma muet… »

     

             Passé le premier conflit mondial, l’Allemagne paye ses errances belliqueuses. Les constructeurs d’outre Rhin sont mis entre parenthèses côté compétition jusqu’en 1926, année où apparaît le premier Grand Prix d’Allemagne. En 1924 se déroulera la dernière épreuve française disputée sur une longue boucle tracée à partir de routes ouvertes à la circulation. Les circuits permanents où ceux tracés en ville vont prendre le relai, c’est le cas de  l’autodrome de Linas Montlhéry dès l’année suivante.     

    1924acf_lyon_-_louis_zborowski_miller_122_dnf_16_laps_front_axle_henry_segrave_sunbeam_5th - Copie.jpg

      

     

    Dix ans après la course de 1914, l’ACF sélectionne le circuit lyonnais des « Sept Chemins » pour y disputer son Grand Prix baptisé « Grand Prix d’Europe ». Le circuit a peu évolué, le revêtement est à l’image du réseau routier d’alors. La ligne des stands et tribunes est recouverte de « béton spécial », certaines portions sont composées d’un mélange chaux-goudron tandis que le « Macadam »(1) constitue le reste du parcours.

    Le triangle de 23,145 km sera parcouru 35 fois soit une distance de 810 km. Les constructeurs se présentent au nombre de sept : Sunbeam, Delage, Alfa-Roméo, Fiat, Miller(USA), Bugatti, Rolland Pilain Schmid.

    L’ordonnancement des couleurs est bien sûr d’actualité, bleu pour la France, rouge pour l’Italie, blanc pour les USA, vert pour l’Angleterre. Le gris argent est absent, six ans séparent pourtant cette course de la fin des hostilités de 1914-18. Coté français l’équipe Bugatti a amené ses toutes récentes type 35 bichonnées par leurs mécanos et le patron en personne.

    Vingt pilotes vont prendre part à la course. Enzo Ferrari malade et Foresti accidenté aux essais déclarent forfait, le premier sur Alfa, le second sur une Rolland Pilain.

    8ACF 24 Divo Delage - Copie.jpg

    Au point de vue technique, le plateau compte les Alfa P2 qui possède un 8 cylindres à double compresseur Roots. Ces mêmes Roots équiperont le V12 double arbre des Delage en 1925, il est pour l’instant atmosphérique (2). Le 6 cylindres Sunbeam est suralimenté  tout comme le 6 cylindres des Fiat 805. Le Bugatti 8 cylindres est quant à lui atmosphérique. C’est également le cas du moteur de la Miller américaine, 4 cylindres dont le double arbre à cames est inspiré de celui de la Peugeot victorieuse à Indianapolis en 1913. Les Rolland Pilain sont propulsées par des moteurs 6 cylindres suisses Schmid. La particularité de ces derniers réside dans leur distribution à fourreau et non à soupapes classiques.  

    On relève côté « vedettes » Henry Segrave, Kenelm Lee Guiness, Dario Resta (Sunbeam), Antonio Ascari et Giuseppe Campari (3) (Alfa), Robert Benoist, René Thomas et Albert Divo (Delage), Felice Nazzaro et Pietro Bordino (Fiat), Jean Chassagne (Bugatti), Jules Goux ( RP Schmid).

    Le beau temps est de la partie, le public nombreux afflue autour du circuit. Ce dimanche à 9H le silence règne dans l’arène avant les premiers rugissements des moteurs. Les concurrents partent espacés. Segrave réalise le meilleur temps au premier tour mais Bordino sur la Fiat prend la tête au troisième. Ascari n’est pas loin, son Alfa-Roméo hérite de la première position à la faveur d’un long arrêt de Bordino qui fait réparer ses freins et sa direction.

    On enregistre les premiers abandons au 11è tour: l’Espagnol Vizcaya (Bugatti) et l’Italien Pastore (Fiat) sur sortie de route.

    Ascari semble bien accroché à sa première place, Lee Guiness la lui subtilise au 16è tour lors d’un arrêt de l’Alfa mais l’italien retrouve le leadership pour la raison inverse. Dans ce même 16è tour le Polonais Zborowski renonce essieu cassé sur la Miller américaine. Lee Guiness abandonne au 20è tour sur problème moteur. Après 30 tours on pointe dans l’ordre Ascari solide leader puis Campari, Divo, Benoist, Wagner(Alfa), Segrave. Les Bugatti sont pénalisées par les déchapages intempestifs des pneus Dunlop sur leurs jantes en aluminium coulé.

     

         Les grands Prix dans l’histoire sont ponctués de coups de théâtre mécaniques en fin d’épreuve. Sans revenir sur la mésaventure de Georges Boillot en 1914 lors de ce même Grand Prix de l’ACF, comparable au retournement de situation de 1924, me vient à l’esprit de manière totalement aléatoire Monza 1972 et l’avatar qui toucha une voiture italienne. Il s’agit de l’incident qui coupa l’élan de Jacky Ickx. Le pilote belge est en tête depuis le 17è tour du Grand Prix devant Fittipaldi qui assuré du titre ne force pas. A 10 tours de l’arrivée, un malencontreux court circuit sur le branchement de sa batterie privera Ickx d’un succès mérité au volant de la Ferrari 312 B2 dans le temple des Tifosi.

     

    gp acf 1924

                                                                               Bugatti

         Revenons à la fin de course de ce Grand Prix d’Europe en cette année 1924, elle est donc l’occasion d’un rebondissement. Des problèmes moteur vont ralentir le malchanceux leader Ascari. Ce dernier stoppe au 34è tour, il en restait un à parcourir, cédant sa première position à Giuseppe Campari. L’Italien se trouve dans la ligne de mire de Divo sur la Delage. Malgré ses efforts, le Français ne parviendra pas à remonter, échouant à 1’06’’ du chanceux vainqueur. Un faible écart au bout de 7H de course. Benoist termine 3è puis suivent Wagner, Segrave, Thomas, Chassagne. Onze pilotes seront classés: Friderich(Bugatti), Ascari, Resta, Garnier(Bugatti) prennent les 8è, 9è, 10è et 11è positions.

    9Grand-Prix-1924-campari - Copie.jpg

    G. Campari  (à gauche)

     Le journal lyonnais « Le Nouvelliste » précisera que près de cent mille spectateurs avaient assisté au Grand Prix.

     1- le « Macadam » est un revêtement composé d’un empierrement à granulométrie décroissante vers la surface.

     2- Ce moteur V12 ne laissera pas de marbre le pilote Enzo Ferrari.

     3- Giuseppe Campari avait une autre passion : l’opéra, il était baryton et a chanté professionnellement. L’Italien a remporté également le GP de France en 33 sur Maserati, dans le dernier tour il passe Etancelin en panne d’embrayage. Campari s’est tué le 10 septembre de la même année à Monza.

    SdS

    Photos :  DR

  • Spa endurance 1973 - à relire

                                    1000 km de Spa Francorchamps 1973

                                         La course des gros cœurs  

    Henri Pescarolo détient le record absolu en course de lancien circuit de Spa Francorchamps (1) (14,120 km) en 313’’4, moyenne  262,461 km/h. Voici comment il en parle (2) : "Compte tenu de la longueur du circuit, nous ne pouvions faire que quelques tours durant les essais. Cela ne nous donnait que peu de temps pour comprendre le comportement de la voiture et faire les changements appropriés. Jai toujours aimé les virages rapides et la Matra 670 aussi.  Après Les Combes, nous arrivions sur les enchaînements de Burnenville, Malmédy, Masta, Stavelot.  Dans la courbe de Burnenville, nous passions à  300 kilomètres/heure sur une surface instable, nous étions les rois ... Le châssis était incroyable. Vous pourriez penser que dans les longues lignes droites, nous pouvions nous reposer un peu entre deux virages : erreur, en fait nous navions pas le temps de reprendre notre souffle. À 300 kilomètres/heure, nous savions que la moindre erreur pouvait tourner à la catastrophe ". 

    Lire la suite

  • Roman : sport automobile

    1964-2014 ...La Renault 8 Gordini a fêté ses 50 ans... Une bonne occasion pour découvrir Le livre de François Coeuret "Le Challenge" qui retrace une saison de Coupe vécue "in board" par un jeune pilote talentueux...                          

                   le challenge,coupe gordini

                                   Charade, mon premier…!  # 6

     

     Sur le chemin du retour de La Châtre, les supputations vont bon train… 

    Mat : « une vis bien fichée dans la gomme, ça ne ressemble pas à une fatalité !

    -         Le clan Andret nous aurait bien fait payer la réclamation ayant en partie motivé le contrôle de son auto. » répondit Sylvie.

    -         Je ne veux pas foutre la zizanie et me plaindre officiellement, je vais leur montrer tôt ou tard sur la piste de quel bois j’me chauffe ! »

    Le rendez-vous suivant se situait à Charade. Ce beau tracé naturel d’un peu plus de 8 km proche de Clermont Ferrand séduisit tout de suite Mat, verdict des essais : deuxième temps et première ligne…

    A quelques secondes du départ, Mat se sent enfin libéré de la tension qui l’habitait depuis sa performance de la veille. Une première ligne! Il ne s’agissait pas de décevoir! La proximité des hostilités le stimulait. Est-ce l’enjeu de cette course qui le plaçait favori ?…Toujours est-il que son départ fut moyen et Mat se retrouva dans les roues de Bourion, surprenant détenteur de la pôle. Cette piste rapide convenait à merveille au jeune parisien qui suivait le leader à sa main. Il fallait cependant trouver la faille et ne pas se laisser surprendre par Ethuin ou Lacarrau qui « poussaient » derrière. Mat s’octroya un temps d’observation mais  sentit qu’il ne fallait pas laisser patienter trop longtemps les deux furieux derrière. A l’approche de l’épingle à droite du Belvédère, il sentait l’ouverture possible comme dans Rosier, le droit avant les stands. Au cinquième tour, s’étant parfaitement collé dans le pot de Bourion après l’accélération à la sortie de Manson, il se glisse au côté de son rival et pique à l’intérieur au freinage du Belvédère au prix d’une manœuvre virile qui oblige son homologue à céder. Mat veut profiter du laps de temps nécessaire à Bourion pour se ressaisir et attaque à outrance lui prenant 3 secondes en deux tours. Mat pilote sur un nuage constatant qu’Ethuin ne passe second que trois tours plus tard grâce au panneautage de Paul. Dans les derniers tours, il savoure sa course en tête, faisant corps avec cet environnement, ce tracé champêtre, le long droit de Gravenoire, le secteur rectiligne de la Carrière,  le droit de Thèdes. Dernier tour : Mat garde sa concentration et passe Rosier une ultime fois avant de recevoir le drapeau à damier. Le tour d’honneur fut un plaisir non dissimulé pour l’euphorique Mat qui tombe dans les bras de Sylvie après le podium… « Tu leur as cloué le bec, c’est une belle manière de te venger ! » ....                (extrait Le Challenge)

              DSCN0672.JPG             le challenge,coupe gordini

     

    Fin 1966… Mat (Mathieu) Lescene, jeune mécanicien, décide de se lancer dans le grand bain de la compétition automobile par le biais de la Coupe de France Renault 8 Gordini. Cette auto, la « Gord » deviendra le vecteur lançant nombre de jeunes champions à l’époque. Pilote en herbe, Mat se lance dans la course avec son balluchon sur le dos, rempli de détermination, de passion mais aussi de doute, d’incertitude.  Entourés d’amis enthousiastes qui mobilisent son talent, il va vivre une saison de courses échevelées, tenter un challenge périlleux : conquérir le titre le meilleur pilote de l’année. 

    Photos:  1: DR     2-3: © FC   #LeChallenge, roman 43 pages, auteur : François Coeuret 

      Disponible  sur commande par mail, cliquez à gauche du site sur l'enveloppe CONTACT, PRIX DU LIVRE :10€ frais de port inclus (France métropolitaine)        

    Photos : 2 @GM   /   1-3 DR                                         

    duel 8-gor.jpg