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Les trois vies de Gérard Larrousse

Trois époques qui déterminent les trois vies de l’homme originaire de Lyon : Pilote, chef d’écurie, gardien de la mémoire de la course et des 24 Heures du Mans…

Gérard Larrousse jeune adulte poursuit des études à l'école supérieure de commerce à Paris. Il contracte  le virus du sport automobile en participant un été au rallye du Var. Au début des années 60 il va sillonner les rallyes français au volant d'une Simca Aronde puis de Renault (Dauphine-R8), avec succès. Cet homme réservé a connu une ascension discrète, le public mit du temps à palper son talent. Sa carrière de pilote monta cependant crescendo  pour atteindre les disciplines phares à l’exception de la Formule 1 où il fit de rares apparitions. Au moment de raccrocher le casque son expérience de pilote liée à son goût pour l’organisation feront de lui un directeur d’écurie recherché. A l’âge des cheveux blancs  l’appel du volant le ramène au pilotage des anciennes qui  ont traversé  son âge d’or. Président du club des pilotes des 24 Heures, il retrouve une fonction de fédérateur. Revenons sur les étapes qui jalonnent la carrière de Gérard Larrousse.

 Début de carrière

 Après des premiers pas en rallye Gérard doit renoncer dans un premier temps à la compétition pour se consacrer à ses études. Un accident de parachute pendant son service militaire durant lequel il se casse les chevilles retarde encore le retour à sa passion. Il décide ensuite de reprendre le volant et de s'y mettre à plein temps.

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                                                                                 Gérard Larrousse en 1966 à droite 

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ALPINE A 220 1968

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Porsche 908 (Herrmann-Larrousse)  1969

En 1966, son pilotage est remarqué, il devient pilote professionnel chez NSU.D’abord cantonné aux rallyes chez Alpine il accède à la piste et débute aux 24 Heures du Mans toujours sous les couleurs d’Alpine en 1967 et 68. Il est ensuite engagé au sein de l'équipe Porsche. L’épique arrivée des 24 heures du Mans 1969 avec Hans Herrmann, dans les roues des vainqueurs Ickx et Oliver, le consacre aux yeux du public. Il signe un résultat identique l’année suivante associé à un autre Allemand, « Willi » Kauhsen, au volant de la Porsche 917 à la fameuse décoration du Martini Racing. Il s’illustre aussi en rallye sur la 911comme en attestent ses trois secondes places au Monte Carlo lors des éditions 69, 70 et 72.

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917  -  1970

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Tour de France auto 1971 - Matra 650

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Monte Carlo 1972

 Le temps des succès

  En 1971 Gérard Larrousse remporte ses premières victoires importantes aux 12 heures de Sebring et sur le Nürburgring, en compagnie du britannique Vic Elford. Il gagne cette même année le Tour de France automobile sur une Matra 650 associé au journaliste Johnny Rives. Patron des activités automobiles de Matra, Jean-Luc Lagardère n’oubliera pas cette victoire, qui va sceller le destin victorieux de Gérard Larrousse aux 24 Heures du Mans.

Après une saison 1972 au sein des équipes Ford en Tourisme et Lola Bonnier en proto, il est engagé par Matra-Simca en 1973. Il réalise un parcours éblouissant en voitures de sport, triomphant à Vallelunga, Dijon, au Mans sur l'Osterreichring et à Watkins Glen, avec Henri Pescarolo, offrant ainsi à la firme française la consécration mondiale.

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En 1973, Gérard Larrousse avait succèdé à Graham Hill en tant que coéquipier d’Henri Pescarolo : « Sur mes deux victoires aux 24 Heures du Mans avec Matra, la plus enthousiasmante aura été la première, en 1973Nous nous sommes battus toute la nuit contre les Ferrari. Cette année-là, quand nous sommes arrivés au Mans, Jean-Luc Lagardère avait convoqué tout le monde chez Matra Simca. La veille de la course, tous les concessionnaires étaient réunis sous une tente, Jean-Luc Lagardère leur a présenté l’équipe et les pilotes et leur a dit : voici ceux qui vont gagner dimanche ! Ce qui a bien sûr un peu mis la pression à tout le monde (sourire). Matra a amené dans l’automobile les techniques issues de l’aéronautique, ce qui a permis d’avoir de très bonnes voitures, qui sortaient vraiment de l’ordinaire. Tout le monde a profité de la dynamique de cette aventure. L’épopée Matra a été quelque chose de fantastique. » A l’issue de la saison 1974 et de sa deuxième victoire mancelle, Gérard Larrousse court pour Renault Alpine en 1975 en sport ainsi qu’en F2 sur la Elf 2. (Premier au Mugello et auTrophée Jim Clark dans les deux disciplines respectives). Quelques tentatives en Formule 1 avec Surtees en 71 (France) et la Brabham BT 42 de l’écurie Finotto en 74 (Belgique, Suède, France)  furent  vouées à l’échec. Un seul départ à Nivelles soldé par un abandon, moyeu défectueux. Fin 75 Renault le sollicite pour diriger son service compétition F1-Sport proto.

 De pilote à manager

Casque raccroché en 1976 Larrousse devient patron des activités sportives de Renault, avec une double mission : remporter les 24 Heures du Mans et préparer l’arrivée du moteur turbocompressé en Formule 1.

Pilote d’usine Porsche lors de trois éditions des 24 Heures, Gérard Larrousse retrouve la firme allemande en temps qu’ adversaire principal des Renault-Alpine de 1976 à 1978. Après deux victoires consécutives du constructeur de Stuttgart, Renault-Alpine succède à Matra au Mans en s’imposant en 1978, Didier Pironi et Jean-Pierre Jaussaud y triomphent.

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« Cette victoire avait été préparée de longue date, indique Gérard Larrousse. C’était à la fois l’aboutissement d’une grande équipe et un aboutissement humain. » Après ce succès, Renault-Alpine se retire des 24 Heures du Mans, comme l’avait fait Matra en 1974 après ses trois victoires consécutives de 1972, 73 et 74. En 1979, la quête technologique de Renault entre dans l’histoire lors du Grand Prix de France, avec la première victoire d’un moteur turbocompressé. Après l’épisode Renault qui se conclut en 1983 Gérard Larrousse travaille un an chez Ligier F1 puis se lance dans la discipline reine avec Didier Calmels. Il dirige sa propre écurie en utilisant des châssis Lola dès 1987. Ce sera un parcours chaotique avec un redressement judiciaire puis une reprise désastreuse par Venturi. Il poursuit cependant jusqu’en 1993 avec le moteur Lamborghini puis en 1994 avec le Cosworth. L’écurie Larrousse avait fait des appels du pied pressants auprès de Peugeot pour obtenir un partenariat moteur mais la firme de Sochaux choisit de fournir son V10 à l’écurie Mc Laren. Un projet de fusion avec l’écurie Ligier à vendre a aussi capoté et à l’issue de cette saison 94 l’équipe Larrousse en panne de financement met la clé sous la porte.

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Mémoire de la course

Le pilote lyonnais après avoir couru ponctuellement en catégorie GT au début des années 2000 se consacre ensuite à des participations dans les épreuves historiques.

Il est aujourd’hui  en temps que Président du Club des Pilotes l’un des gardiens de la mémoire des 24 Heures du Mans. L’année 2023 s’annonce particulière pour l’ancien pilote, tout d’abord avec le Centenaire des 24 Heures : « L’objectif du Club des Pilotes est d’être prêt pour le Centenaire, après avoir retrouvé sa dimension normale en 2022 ». Avec le développement de la catégorie Hypercar, ainsi que le retour de Ferrari, Gérard Larrousse prophétise « plusieurs voitures vont terminer dans la minute ».

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2023 marquera aussi pour lui le demi-siècle de sa première victoire aux 24 Heures. Pour le public, la légende de Matra est intacte, comme a pu le mesurer Gérard Larrousse en 2019, quand il avait repris le volant du prototype bleu lors des Classic Days sur le circuit Bugatti. Le chant du V12 Matra avait provoqué l’enthousiasme et les applaudissements du public : « C’est toujours un bruit extraordinaire et c’était une époque qui a laissé une grande trace dans l’histoire du sport automobile »… En attendant le chapitre à venir du Centenaire qui annonce des moments captivants pour la légende des 24 Heures.

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-Voir aussi : Gérard Larrousse : un tour à 25O km/h en Porsche 917

 

Source : interview et Présidence du club des pilotes : publication Net « 24H Le Mans »

PS

Photos :  DR

* publié sur Racingmemories en février 2023

 

 

 

 

 

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