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François, Patrick, Jean Pierre et les autres...Les trois mousquetaires.

1973, le Grand Prix de Pau est sauvé, le maire de la cité, André Labarrère, a réhabilité sa piste. Les normes exigées par la CSI sont en place. Les bottes de paille ont disparu, les rails assurent une  protection relative pour les pilotes installés dans leurs fragiles monoplaces. La société ELF a apporté un soutien financier non négligeable à la célèbre épreuve hexagonale. Ce 6 mai en début d’après midi François, Patrick,  Jean Pierre et les autres se positionnent sur la grille de départ…

Cette course prestigieuse attire des pilotes confirmés courant régulièrement dans les catégories supérieures. François est de ceux-là. Les « Cadors » se mélangent ainsi au contingent de  « jeunes loups » en devenir et de pilotes d’expérience courant habituellement en F2.  Patrick et Jean Pierre appartiennent à la vague montante. Leur ascension est en bonne voie, celle de François près de l’apogée. Le samedi 5 mai se sont disputées les deux manches qualificatives pour la course du lendemain. Patrick a remporté sa manche devant François tandis que Vittorio Brambilla  s’est adjugé la seconde sous la pluie devant Roger Williamson.

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Dimanche sur la grille Patrick est donc positionné en première ligne avec  Brambilla. En seconde sont placés  François au côté de  Williamson,  puis Beltoise suivi des quinze autres pilotes. Jean Pierre victime d’un problème mécanique dans sa manche est relégué en fond de grille.  Patrick pilote l’Alpine A 367 Ford-Hart, l’italien Brambilla une March 732 BMW, François est au volant de la deuxième Alpine du John Coombs Racing, Williamson est installé dans une GRD Ford-Hart, Beltoise dans une march 732BMW usine. Jean Pierre en dernière ligne est aussi aux commandes de sa  March 732BMW usine. L’équipe Surtees officielle est absente de la manche française.

La course va se disputer sur une piste sèche. Au baissé du drapeau le peloton s’élance vers le virage de la Gare. François va tirer son épingle du jeu et s’imposer en tête en emmenant Patrick dans son sillage. Il sort le grand jeu dans les rues de la cité paloise où résonnent les mécaniques des Formules 2.

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Patrick est en embuscade et défend vaillamment sa position, prêt à saisir la moindre opportunité. Au trentième huitième tour son moteur coupe soudainement sur un problème électrique. C’est l’abandon. Pendant ce temps Jean Pierre qui a retrouvé une monoplace en pleine forme s’applique à remonter sa dernière position du départ. Il déploie tout son art du pilotage. Brambilla et Beltoise à bord de leur March BMW roulaient fort en début de course mais ont joué de malchance. L’italien renonce victime d’une fuite d’huile. Le français doit s’arrêter au stand pour un problème d’alimentation de  pompe à essence non sans avoir battu le record du tour auparavant… François triomphe à l’issue des soixante dix tours que compte le Grand Prix.  Le festival de Jean Pierre va l’amener en seconde position au passage du drapeau à damier. Schenken finit troisième sur la Rondel devant Beuttler sur March et Wolleck puis Jaussaud tous deux sur Rondel.

Sur le podium il manque un de nos hommes qui appartiennent pratiquement à la même génération.

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François Cevert et Jean Pierre Jarier  jubilent. Patrick Depailler lui est déçu, trahi par sa mécanique. Le premier renoue avec la victoire sur une F2 lui rappelant l’époque Tecno. Le second grâce à sa superbe remontée empoche les neuf points du premier pilote « non gradé ». Il conforte sa première place au Championnat d’Europe.

Pour François en cette année le numéro 6 défile inéluctablement de mois en mois. Mai, il atteint le Capitole, juin, juillet, août, septembre, il coule des jours lambda et octobre, il est trahi par le destin qui l’a impitoyablement précipité du haut de la Roche Tarpéienne.

 Des trois hommes Jean Pierre est le rescapé. Chacun se souvient qu’une « sorcière aux dents vertes »  a exercé son cruel pouvoir sur Patrick le premier jour d’août 1980 dans la trajectoire de l’Ostcurve sur le circuit d’Hockenheim.

Présents sur la grille de départ à Pau, les pilotes britanniques Williamson et Birrell vont disparaître peu de temps après cette course. Gerry (Birrell) un mois plus tard aux essais du Grand Prix de  Rouen Les Essarts. Roger (Williamson) près de deux mois après l’épreuve paloise lors du Grand Prix de Hollande F1 dans les circonstances que personne n'a oublié.   

Ainsi le sort des pilotes était-il scellé au cours de ces années.

PS

Photos :  DR

Paru sur Racing'memories en octobre 2020

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