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Matra aux 1000km de Monza 1970

Une course réussie

Nous avions laissé l’équipe Matra Simca en échec complet au Mans lors d’un article précédent. La saison sport prototype n’a pas été qu’une série de déceptions pour l’équipe française. Nous sommes fin avril et le calendrier amène les voitures participant à ce Championnat du monde sur l’autodrome de Monza…

Monza étape précédant les 24 H du Mans pour les bleus

Alors  que la nouvelle 660 est en cours d'assemblage l’équipe engage ses 650 adaptées au circuit  de Monza pour les 1000km. Brands Hatch l’épreuve précédente courue sous le déluge s’est soldée par un abandon de l’équipage Pescarolo-Servoz Gavin et une douzième place de Brabham-Beltoise. Pour mémoire Daytona et Sebring furent des courses longue distance où les Matra rencontrèrent de nombreux problèmes mais franchirent la ligne d’arrivée. Loin des vainqueurs à Daytona, à une honorable 5ème place à Sebring pour la voiture la mieux classée mais derrière Porsche et Alfa-Roméo en 3L. Le succès des 1000 km de Buenos Aires  en janvier fut un début en fanfare qu’il faut modérer. Alfa Roméo était la seule autre écurie d’usine parmi les compétiteurs réguliers à se présenter lors de cette épreuve hors Championnat.

Les 650 allégées à Brands Hatch

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Les 650 avant Brands Hatch sont en configuration allégée comme à Sebring pour affronter le sinueux circuit anglais. La carrosserie à l’arrière est bien rognée. Les pilotes réclament de l’appui. Cela passe par le déploiement d’ailerons à l’avant comme à l’arrière. La configuration extrême est réalisée sur la voiture de Brabham-Beltoise équipée du nouveau moteur MS12 tandis que l’autre 650 (moteur MS9) est dépourvue du volumineux appendice avant, se contentant de quelques ailettes sur le capot. Elle dispose d’un aileron arrière plus discret. A Monza  on retrouve les capots arrière enveloppants qui reçoivent des ailerons plus petits. Le circuit beaucoup plus rapide exige moins de trainée.  

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Beltoise-Brabham- Monza

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Pescarolo-Servoz Gavin - Monza

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Les essais – la course de Monza

Alors qu’en Angleterre les voitures avaient réalisé les quatrième et sixième temps aux essais l’équipe française signe des chronos moins flatteurs face aux Porsche ou Ferrari 5L et 4.5L. Le moteur MS 12 équipe cette fois les deux 650. Brabham-Beltoise  se qualifient au treizième rang et Pescarolo-Servoz au douzième. Les pilotes ont tiré le maximum de leur monture compte tenu de la configuration de l’autodrome. Les Alfa de Galli-Stommelen et Adamich-Courage se sont qualifiées juste devant les Matra. Les Autodelta sont au nombre de quatre unités en terre italienne. La course s’annonce très tendue pour l’équipe française. L’enjeu est habituel : duels de classe avec les Alfa Roméo et les Porsche 908. Lutte pour le meilleur classement possible à la distance. Les Porsche 917 et Ferrari 512S partent bien sûr archi-favorites sur la piste italienne.

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La bataille s’engage au baissé du drapeau entre les deux Porsche gulf (Rodriguez-Kinnunen / Siffert-Redman - moteur 4.5L), celle d’Elford-Ahrens (Salzburg-moteur 5L) et les Ferrari 512 S usine. Giunti sur la 512 Spyder fait le forcing et contient les Porsche en début de course tandis que les Matra se positionnent derrière ce groupe de leaders. On a trouvé chez Matra le bon équilibre entre appui et trainée minimum.

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Les Alfa ainsi que beaucoup de pilotes au volant de protos « sport » sont derrière les bleues. Le poids excessif des Ferrari par rapport aux 917 favorise les allemandes. Chez Porsche on va subir cependant de la casse, Piper (boîte), Hermann (moteur). Rodriguez s’empare du commandement mais Siffert prend ensuite le dessus dans le groupe compact de tête. Un incident de course survient lorsque le suisse sort dans Lesmo gêné par un pilote de GT. Il tape le rail et rentre au ralenti. Son arrêt au stand le retarde considérablement, la 917 ralliera le damier en douzième position. Grâce  à leur moteur 5L Elford-Ahrens ont pris le meilleur mais perdent du temps lors d’un ravitaillement. Kinnunen se retrouve en tête pour son relai, le finlandais est moins rapide que son équipier, aussi voit-il sa marge se réduire. Ahrens le repasse et Giunti se rapproche. Pedro Rodriguez reprend les rênes et repart à l’attaque. Au 91ème tour la Porsche de tête crève soudainement à l’arrière. Retour au stand au ralenti pour constater des dégâts irréparables dans un délai rapide. L’équipage renonce. Rodriguez à nouveau leader grignote des secondes sur la Ferrari de Giunti relayé par Amon. La voiture italienne est victime d’un début d’incendie au box, il est vite maitrisé. Perte de temps tout de même qui fait l’affaire de Pedro. Le  mexicain prend le large et l’emporte devant trois 512. Les Ferrari durent s’incliner face à la voiture allemande épargnée d’aléas mécaniques et pilotée de main de maître par Rodriguez. 

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Rodriguez-Kinnunen

L’arrivée est spectaculaire avec le mexicain et Amon groupés, mais le néo-zélandais  a un tour de retard.

Les pilotes Matra débarrassés aussi de soucis techniques pilotèrent avec brio, finissant cinquièmes et sixièmes. Henri Pescarolo, toujours à l'aise sur les circuits rapides, fait un superbe début de course. Il tient le rythme de la 917 de Herrmann-Attwood et Servoz  assure avec des relais très rapides.

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Les deux voitures ont roulé de concert en milieu de course cependant Brabham-Beltoise vont prendre le meilleur in extremis. La voiture de Pesca-Servoz doit faire un complément d’essence en toute fin de course. Les « Matra boys » ont dominé la classe 3 Litres de même que de nombreuses 5L et 4.5L. Cette belle performance a redonné du baume au cœur à l’équipe endurance qui va préparer l’épreuve phare de la saison, les 24h du Mans .

PS

       
                       

*Paru sur "Racing'Memories" en août 2022

Photos: DR

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