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  • Damned!

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    2 juillet 1972, circuit de Charade près de Clermont-ferrand. Les pilotes s’alignent sur la grille à quelques minutes du départ.

    Sur la première ligne Chris Amon sur la Matra MS 120 D avec à ses côtés un compatriote kiwi, Denny Hulme sur Mc Laren. Décidé à enrhumer tous ses petits camarades au départ de ce Grand prix de France, le plus malchanceux des pilotes de F.1 compte bien enfin agrafer une victoire à son palmarès.

    Il n’a remporté que deux courses dans la discipline mais hors championnat depuis ses débuts en 63 (Silverstone 70-Argentine 71).

    Les Français sont aux aguets, l’auto du Néo-zélandais est 100% cocorico, moteur et châssis! Le drapeau à damier s’abaisse et Chris réalise un super départ lâchant tous ses poursuivants, la Matra est collée au tarmac et roule à un rythme d’enfer…Au 19è tour Chris s’est assuré une avance substantielle sur ses adversaires…

    Le circuit de Charade possède les deux caractéristiques suivantes : il n’est pas large et les bas-côtés sont constitués de remblais d’un gravillon acéré. Quand un pilote sort un peu large d’un virage il répand sur la piste des petits silex meurtriers pour les gommes des monoplaces…Vous avez compris la suite … L’un de ces petits cailloux décida de toucher un des pneus de Chris, réduisant à néant le superbe effort qu’il fournit en début de course. Il stoppa au stand au 20è tour perdant toutes ses chances de gagner. Le kiwi repartira  le couteau entre les dents finissant troisième après une superbe remontée depuis la 8è place. Damned !! Sa première victoire en championnat du monde F.1 n’était pas programmée pour ce Grand Prix !

    SdS 

     

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    Photo : DR / Chris Amon – G P de France 72 / Pôle position : 2' 53’’ 4 – Meilleur tour : 2'53’’9 /          

  • Racing in the rain!

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    Ce matin du 14 mai 1972 une pluie tenace s’incruste pour la journée au dessus de la région monégasque. Les pilotes participant au Grand Prix se préparent  donc en vue d’une « wet race ». Parmi eux JPB qualifié en 2ème  ligne (4è temps) fait modifier le rayon de braquage de sa BRM P160 : il adopte le rayon maximum : les virages serrés ne manquent pas à Monaco et il faudra contre-braquer sur la piste glissante.

    JPB sent qu’il a une carte à jouer sur ce Grand Prix avec un V12 souple et progressif, des pneus Firestone pluie très accrocheurs, une bonne position sur la grille…

    Départ … JPB dose parfaitement son embrayage comme sa pression sur l’accélérateur, les pneus font le reste, il déborde Fittipaldi et Ickx prenant la tête du Grand Prix … Pour un moment il sera le seul à bénéficier d’une vision claire en leader de la course. Ses adversaires ne le reverront plus exceptés ceux qui se feront prendre un tour.

    JPB pilote sur un nuage à l'abri des pulvérisations que les autres doivent supporter. Bien que se faisant quelques frayeurs dans ces dantesques conditions, il évitera avec talent la touchette.

    Ce Grand Prix comptait 80 tours, un petit marathon car la moyenne sous la pluie battante est faible obligeant les pilotes à tourner pendant près de 2 heures 30. JPB va mener cette course de bout en bout avec une assurance infaillible, une belle récompense après son courageux début de carrière.  

    Drapeau à damier, à l’issue du tour d’honneur la Marseillaise retentit sur la tribune d’honneur pour un JPB souriant près du Prince Reignier. La dernière fois qu’on avait entendu l’hymne français c’était moins d’un an auparavant après que François Cevert, beau frère de JPB, ait remporté le GP des USA en octobre 71.

    SdS

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     Photos : DR / GP de Monaco 72 – Vainqueur : Jean Pierre Beltoise (BRM P 160): comme un poisson dans l’eau /

  • L'homme le plus rapide de la loterie

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    Les Tifosi sont remontés à Monza pour ce Grand Prix national. Après le succès de Regazzoni en 70, ils espèrent une nouvelle victoire rouge. D’autant que Ickx n’a échoué que pour 42/100è dans la conquête de la pôle. Amon (matra MS 120C ) a tiré parti de son V12 et réalise le meilleur tour en 1’22’’40. Les ailerons ont adopté une taille de guêpe ou sont restés au box comme c’est le cas pour le plateau avant des March 711 dont celle de Pescarolo (Williams) qui réalise 1’23’’77, 10è temps, 5è ligne.

    Henri affectionne les circuits rapides…Il va se battre et n’amusera pas le terrain au point d’obtenir le meilleur tour absolu en course : 1’23’’80.

    Au premier tour « Riton » passe la ligne en 7è position, il va rétrograder progressivement au gré des aspirations inspirées des pilotes qui l’entourent : il est 13è au neuvième tour lorsqu’il bat le record. Il navigue à la 9è place entre les 18è et 28è tours puis replonge …12è entre les 30è et 37è tours. Alors 13è, notre flegmatique pilote de F1 renonce au quarantième tour, trahi par sa suspension…

    Ce GP, comme souvent ici,  fut une épreuve en pelotons où l’aspiration tint le rôle de leitmotiv. Les Ferrari casseront leur moteur …Course haletante, « faîtes vos jeux, rien ne va plus…» le bon wagon en fin de course se compose de Gethin (BRM), Peterson(March), Cevert (Tyrrell), Hailwood (Surtees) et Ganley (BRM) : tout ce petit monde termine dans l’ordre et dans un mouchoir de 61/100 de seconde, du jamais vu à ce jour !

    Amon, éternel malchanceux, verra ses chances ruinées quand, en arrachant un tire-off, sa visière de casque s’envolera. Perturbé par le flux d'air, il perdra le contact et finira sixième.

     

    gp d'italie 1971

     

     

                         Hailwood - Amon - Peterson

    L’anglais Gethin avait donc tiré le bon numéro de cette loterie italienne !

    SdS

    Photos : DR 

     

    GP d’Italie 71 : 5/9/71 Pescarolo abandon au 40è tour /record du tour : 1’23’’80,  neuvième tour, moyenne : 247.016km/h .PESCA 71.jpg         

    gp d'italie 1971                                                                                        

                  Henri Pescarolo (March)

    gp d'italie 1971

  • L'auto aspirateur

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    La compétition automobile à la fin des sixties : alors que la majorité des ingénieurs se concentraient sur l’aérodynamique externe, gréant les autos de force ailettes, dérives, ailerons… Jim Hall, californien astucieux, eut l’idée géniale de la voiture aspirateur. Il monta sur son prototype Chaparral V8 Canam (Championnat Canada Amérique) un moteur deux temps auxiliaire actionnant deux ventilateurs destinés à aspirer l’air sous la voiture afin de créer une dépression et «coller » son châssis à l’asphalte.

    Le système, optimisé par l’adjonction d’une « jupe » en Lexan élastique autour de la partie arrière de l’engin contribuant à étanchéifier le vide crée sous l’auto, fut bougrement efficace. La tenue de route de la Chaparral était bien supérieure à celle de ses concurrentes, son efficacité proportionnelle à la laideur de sa carrosserie cubique.

    Les inconvénients de ce système, il en fallait, c’était qu’on devait compter sur la fiabilité de deux moteurs à la fois. On doublait donc les risques de problèmes mécaniques et puis les ventilateurs projetaient poussière et graviers sur les pilotes suiveurs.

    Les concurrents de Chaparral firent tout pour mettre en avant l’illégalité de ce système vis-à-vis du règlement de la Canam, ils eurent gain de cause. Cette idée géniale fut reprise en Formule 1 chez Brabham en 78. Elle permit à Niki Lauda d’imposer sa monoplace haut la main lors du Grand Prix de Suède. La Fédération Sportive Automobile internationale s’empressa …d’aspirer l’idée en décrétant que ce système ne respectait pas la règlementation de la discipline!

     SdS


    chaparral

                                                                                  chaparral   

                    Brabham F1 "aspirateur"  

    Photo: DR / Chaparral 2J Canam / Brabham BT 46B F1 : autos aspirateurs /