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  • Carnets de Grand Prix #5

    Grand prix de France /     1-2-3 juill 1977

    Incorporé depuis octobre 76, Epinal ne représente pas que les images mais la réalité du Régiment de transmission auquel je suis affecté. Je pose mes jours de détente sur juillet afin de me changer les idées et reprendre la direction de Dijon pour le Grand Prix. Cela fait du bien de se replonger dans cet univers où le kaki est absent du prisme exposé à sa vue.

    Le circuit a évolué depuis 74, une bretelle rallonge de 600 m le tracé primaire. Le temps sera radieux tout le week-end, les essais sont dominés par Andretti, Hunt, Nilsson, Watson.

    Au départ du Grand Prix Hunt (Mc Laren) semble en mesure de dominer mais se fait passer par Watson (Brabham) et Andretti (lotus). Jacques Laffite très en verve sur la Ligier à moteur Matra tint longtemps la 4è place mais  rétrogradera jusqu’à la huitième, Hunt finira troisième. La bagarre est indécise pour la victoire et Andretti va menacer Watson qui cravache et tient bon… Cependant dans le dernier tour l’ américain passe la Brabham de l’Irlandais dont le moteur Alfa a trop consommé, déjaugeant à quelques encablures du drapeau à damier. La Lotus 78 l’emporte donc in extremis. Nous ignorons encore qu’elle marquera la période des « wing cars » en F.1.

     

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    Comme à notre habitude au cours de ce weekend nous squattions les stands en fin d’après midi, moment où les mécanos connaissent le coup de feu. Nous avons longuement détaillé la Lotus très élégante dans sa robe nuit et liseré or. Son côté innovant résidait dans ses flancs où son créateur Colin Chapman avait caché sous les  pontons deux ailes inversées créant un substantiel supplément d’appui aérodynamique, des « jupes » en fibres descendaient jusqu’au sol comme un fin balai brosse destiné à canaliser l’air sous les ailes : efficace ! Ce système sera plus tard optimisé. Bien sûr nous n’y voyions que du feu car Chapman tenait son secret, les mécanos n’ôtaient la carrosserie qu’à l’abri des regards indiscrets !

     

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    SdS  

    Photo:  @ B.Cahier 

       

  • Carnets de Grand Prix #4

                    Grand Prix de France 1976     /2-3-4/07/76 

    Après avoir « troqué » ma vieille R8 contre une R5 TL beige métallisé , une « 6 mois collaborateur Renault», nous voici prêts pour une virée plus confort au niveau sonore dans l’habitacle donc moins laborieuse : deux étapes, nous ne sommes pas pressés ! La destination Le Castellet nous semble maintenant familière, nous arrivons la veille des essais. Camping sur place, cette année une voiture française retient notre fibre patriotique. Matra a abandonné la F.1 en 73, Ligier  a pris la relève début 76 avec un V12 Matra dernière génération.

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    Jacques Laffite  a piqué la place de Beltoise qui avait fait le gros de la mise au point durant l’hiver 75-76, notre « baba cool post soixante-huitard » se débrouille pas mal depuis le début de la saison. Depailler pilote sur 6 roues avec la Tyrrell P 34, une innovation que nous avons longuement détaillée après les magazines lors d’une  intrusion en soirée devant les stands : elle trônait sur la voie de remise en piste, étonnant engin avec ses quatre « roulettes » sur le train avant, meilleur freinage sur le papier, surface de roulage identique à une F.1 conventionnelle mais maître couple inférieur avec son avant ultra plat, autrement dit elle pénètre mieux dans l’air, ces avantages théoriques ne se confirmeront jamais sur la piste.

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    N.Lauda, vainqueur en titre et Champion du monde 75 compte probablement réitérer sa belle course de l’an passé. Au cours des essais, il s’est froissé une côte lors d’une manœuvre dans son cockpit et refusera de participer à la course de vélo organisée par le magazine Auto hebdo (nous le saurons plus tard) sur un tour de circuit. C’est l’occasion de voir les pilotes autrement que casqués dans leur monoplace, vision pittoresque ! Je me souviens d’Ickx, Laffite et Fittipaldi qui traînait un peu en fin de parcours. Le jour de la course l’autrichien part en tête mais va casser son moteur laissant un petit groupe compact de furieux s’expliquer : Hunt,le futur vainqueur, Reggazzoni, Peterson, Depailler…Regga cassant aussi, Depailler termine second sur la Tyrrell 6 roues.

     

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    Lauda lui rentrera tôt chez lui, il sera victime d’un accident critique le mois suivant sur le Nurburgring dont il survivra mais qui lui fit perdre le championnat au profit de Hunt en fin de saison malgré son précoce retour en compétition à Monza.

    SdS 

    Photos : 1 @GM / L’équipe Ligier rentre la JS5 au nid pour une partie de mécanique  / Incursion dans les stands/Laffite finit 14è à cause d’un moteur ayant perdu de la puissance en fin de Grand Prix/

    2-3 /  DR / Tyrrell P34  - Hunt Mc Laren M23  /                                                                

  • Carnets de Grand Prix #3

    Grand Prix de Suisse 1975

     

    Cette course ne comptait pas pour le Championnat du monde et les Suisses renouaient avec une épreuve F.1 après que la Confédération helvétique ait interdit la compétition automobile sur son territoire. C’était à la suite du drame des 24 heures du Mans 1955 où la Mercedes de Levegh avait provoqué quatre-vingts victimes parmi les spectateurs.

    Bien sûr tout ceci avait pris forme grâce à un stratagème, ce nouveau G.P. de Suisse se courait sur le circuit de Dijon Prenois en Bourgogne!

    Calé entre les Grands Prix d’Autriche et d’Italie, il permettait, en plus des Helvètes, aux amateurs de F.1 comme moi d’assister à une course de la Formule reine en se déplaçant pas trop loin de chez soi.

    Le plateau était limité, les écuries, pour la plupart n’avaient dépêché qu’une voiture mais il y avait quand même du beau monde : Regazzoni le "régional de l’étape", Depailler, Peterson, Mass, Jarier, Brambilla, Amon…

     

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    Sur sa Ferrari 312T, Rega, le Suisse partait favori au volant de la meilleure voiture du moment, celle que son équipier Lauda, absent, avait placé en tête du Championnat officiel. Ce week-end décontracté m’avait permis de faire un tour du côté du paddock, des stands aux essais afin d’admirer les monoplaces autour desquelles travaillaient les mécaniciens. Ces derniers avaient « déshabillé » les autos et c’était un régal d’observer les formules 1 dépourvues de carrosserie. On pouvait aussi voir ou entrevoir les pilotes plus facilement que sur un Grand Prix comptant pour le Championnat du monde. Je me souviens notamment de Chris Amon, un ancien de chez Matra qui courait sur une récente Ensign, une voiture au développement encore perfectible auquel le néo-zélandais s’était attelé. A cette époque, les pilotes F.1 n’étaient pas traités comme des rois et l’équipe était installée à l’écart dans le paddock, le pilote « résidant » pour le week-end dans une petite caravane. Il devisait avec un technicien devant son auto, son éternelle cigarette au bec.

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    La course fut limpide, Regazzoni se défonça pour l’emporter sur sa flamboyante machine rouge. Il fit honneur à son drapeau en faisant retentir l’hymne suisse sur le podium. Dans la foulée du G.P. de France au Castellet, j’avais donc pu assister cet été là à un bonus, une seconde course F.1 grâce au petit pays qui avait fait de sa neutralité une raison d’être.

     

    En 1982, les Suisses récidivèrent en organisant un ultime G.P. à ce jour, comptant cette fois pour le Championnat du Monde, il se déroula également en territoire bourguignon.

    SdS

    Photos: 1 GM - ambiance décontractée côté mécanique /  2 DR  : Regazzoni vainqueur sur Ferrari 312T/    

  • J'ai survécu au débarquement

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     Le  jeune québecois Germain Nault s'engage dans l'armée canadienne en 1942. Après une période de formation au Canada puis en Angleterre, il va participer au débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. Ce livre déroule le parcours du jeune soldat au milieu de ce chaos guerrier. En 1945, il sortira sain et sauf de cette aventure et rentrera au pays. Persuadé qu'il fut protégé par sa bonne étoile durant cette apocalypse, le soldat Nault rend hommage à ses compagons disparus et toutes les victimes qui n'ont pas eu sa chance mais ont lutté et sacrifié leur vie pour la liberté. Ses pages représentent un devoir de mémoire auquel il n'a pu se soustraire. Le livre a été écrit par les petites nièces de Germain Nault, Marilou et Martine Doyon, qui ont mis en page les souvenirs de leur grand oncle.

    Un récit saisissant, un roman de guerre qui n'est autre que la terrible réalité. 

    Editions JLC inc, 2012

    PS                                                                

  • Carnets de Grand Prix #2

    Grand Prix de France 1975   (4-5-6 /07/75) 

    Enfin motorisé sur quatre roues depuis octobre 74, j’ai « hérité » de la R8 Major achetée à un « pépé » qui changeait d’auto. 70000 km, une aile retapée d’un gris métal pas tout à fait dans le ton de l’ensemble, le système de chauffage fuyant dès ouverture, « l’engin » n’a de « major » que le nom mais me rend bien service…Il sera chargé de nous conduire (le cousin est encore de la partie) jusqu’au Castellet-circuit Paul Ricard dans le Var.

    Pour accomplir ce "périple", je colle le sticker Paul Ricard envoyé avec les billets sur le capot moteur (afin que notre destination soit de notoriété publique) et souscris une assistance routière tant j’ai confiance dans notre monture !

    Départ en avance, nous nous octroyons trois étapes…! Afin de ménager la « Grand Mère » : Normandie-Avallon, Avallon-Belleville sur Saône, Belleville-Le Camp du Castellet. Sur l’autoroute, rythme de croisière petit 120, on s’ennuie un peu d’autant que le chant du 4 cylindres « Cléon » couvre l’auto radio.

    Budget limité, on pratique le camping sauvage et le pique nique : un chemin à l’abri des buissons avec le blé en face, une clairière en bordure d’un bois feront l’affaire…Nous voilà enfin bercés par le chant des cigales, la soif nous invite à Aubagne sur la grand place ombragée du chef lieu de canton de Marcel…(Pagnol)…A peine le temps de se remémorer « La gloire de mon Père » et nous « filons » direction le Plateau du Castelet où Paul (Ricard) fit tracer en 70 un superbe circuit aux allures estivales et infrastructures modernes…De grands espaces par rapport au rural Dijon !

    Arrivés la veille des premiers essais du vendredi, nous plantons comme beaucoup notre toile dans l’enceinte du circuit et faisons un petit tour du propriétaire en fin d’après midi. 

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    Casquette ou bob vissé sur le crâne en permanence, boisson « Tropico » et pan bagna sont notre quotidien des essais, nous marchons beaucoup pour profiter au mieux des différents secteurs de ce long circuit. Juste à côté se trouve une piste d’aviation notamment utilisée par des Canadair et les V.I.P du Grand Prix . Chaque soir s’entraînent deux pilotes dans des avions de la seconde guerre mondiale type spitfire, ce qui complète le spectacle au sol de la journée. Les Ferrari 312 T2 dominent et Lauda enfonce le clou en s’octroyant une pôle qui en dit long sur ses intentions en course. Les espoirs français reposent surtout sur les épaules de Depailler (Tyrrell) et Jarier (Shadow).

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    Niki Lauda confirmera lors du Grand prix en oubliant ses petits camarades, roulant toute la course seul vers la victoire, Scheckter se maintiendra un moment deuxième mais plongera plus tard dans le classement, Hunt sera classé second devant Mass et Fittipaldi le champion en titre.

     Lundi matin, ne voyant pas de centre d’intérêt aussi fort que la F 1 ! Oubliant de visiter le village médiéval du Castellet tout proche, nous plions bagages et nous dirigeons vers Toulon histoire de se tremper dans la Méditerrannée avant de regagner nos pénates en deux étapes cette fois !  

    SdS

    Photo: 1 @ GM  Petit tour dans les stands en fin de journée...  / 2 DR / Niki Lauda vainqueur sur la Ferrari 312 T  /