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SdS Carnets de Grands Prix - Page 2

  • Carnets de Grand Prix #11

                     Grand Prix de France / 5-6-7 juill 1985

     

     Retour sur le circuit Paul Ricard pour le Grand Prix national en 85. Prost est troisième  au Championnat à ce stade de la saison derrière Alboreto et Angelis. Les Mc Laren ont fort à faire face à Williams Honda (Rosberg-Mansell), Brabham BMW (Piquet-Surer), Ferrari (Alboreto-Johansson) et Lotus Renault (Senna-De Angelis). Aux essais ça chauffe à tous les niveaux, celui du mercure et sous le crâne des pilotes : Rosberg frappe fort et installe sa suprématie à l’issue de séances haletantes devant Senna et Alboreto.

    Le jour de la course, Rosberg part en tête mais pour dix tours...

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    Piquet, grâce à une vitesse de pointe supérieure dans la ligne droite du Mistral, prend la relève et s’installe confortablement en tête puis Rosberg second avec des pneus usés est menacé par la belle remontée de Prost qui prend le dessus au 39è tour. La seconde place lui paraît promue quand le suédois ayant changé ses gommes lui refait le coup du GP de Suisse 82, le dépassant dans le dernier tour grâce à ses pneus plus frais. C'était pas le jour de notre Prostichon national!

     

    grand prix de france 1985

     

     

    Le Grand Prix se termine donc sur le tiercé Piquet-Rosberg-Prost.

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    Photos:  © GM / 1 Piquet (Brabham)  - 2 Prost (Mc Laren)

     

  • Carnets de Grand Prix # 10

                        Grand Prix de France / 18-19-20 mai 1984

     

    Après l'impasse de 1983 où le Grand Prix avait lieu en mars au Castellet, nous reprenons du service à Dijon Prenois. Le Grand Prix n’avait pas lieu non plus en juillet cette année-là, nous partons le samedi à mi-journée pour assister à la course du dimanche. La R5 Alpine a gagné un turbo, c’était la mode à l’époque…

     Aux essais Patrick Tambay sur la Renault RE 50 obtient la pôle devant De Angelis(Lotus Renault), Piquet (Brabham BMW) et Rosberg (Williams Honda). Ce Grand Prix s’annonce très disputé : quatre voitures différentes sur les deux premières lignes. Un pilote français sur une voiture française en pôle position! Tambay tint la première place jusqu’au 40è tour, nous croisions les doigts...Mais des problèmes de freins le gênent et Lauda, mal qualifié aux essais,  tira les marrons du feu avec une auto parfaitement réglé pour la course en s’emparant du commandement. Les arrêts pneus se succédèrent, l’autrichien cèda à nouveau pendant 6 tours la première place à Tambay pour reprendre son bien au 62è tour, il conclut en l’emportant sur sa Mc Laren Tag Porsche devant le malchanceux français...

     

    gp de france 1984

      

    ...Lauda qui avait brutalement annoncé sa retraite au G P du Canada en 79 reprit du service début 82 chez Mc Laren. Il va remporter le Championnat 84 avec un infime demi point d’avance sur Alain Prost son co-équipier ! Prost prendra sa revanche l’année suivante à l’issue de laquelle Lauda arrêta définitivement La course automobile. 

    SdS

    Photo:  DR / Tambay 1è plan devra s'incliner face à Lauda second plan /

     

  • Carnets de Grand Prix #9

                                 

                  Grand Prix de Suisse  / 27-28-29 Août 1982

    Deux Grand Prix en France cette année-là ! Mais pourquoi G P de Suisse ? La compétition automobile est interdite en Suisse depuis la tragédie du Mans en 55, ainsi cinq Grands Prix furent disputés en territoire helvétique de 1950, année de création du Championnat du Monde, à 1954.

    En 1950 Giuseppe Farina impose son Alfa-Roméo sur le circuit de Bremgarten tandis que Juan Manuel Fangio boucle la dernière victoire (54) en territoire neutre au volant d’une Mercedes, toujours à Bremgarten où le français Louis Rosier prend la troisième place sur Talbot. Ensuite, les citoyens helvétiques durent se déplacer en terre étrangère pour assister aux courses automobiles notamment les GP de F.1 que la Suisse avait bannis.

    Mais le circuit de Dijon, somme toute proche des cantons, reçut en 75 hors Championnat une épreuve de Formule 1 baptisée Grand Prix de Suisse, je me souviens y avoir vu gagner le « régional » de l’étape Clay Regazzoni sur Ferrari .

    Le fromage suisse adjoint à la moutarde ayant fait monter la mayonnaise, on remet ça en 82 mais avec cette fois-ci une course officielle inscrite au Championnat du Monde.

    Après le « Ricard » en juillet on se ressert en août avec une visite devenue habituelle chez les bourguignons dont l’accent avait capté un petit quelque chose de traînannnnt !

     

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                                                Prost

    Les Renault, elles,  ne traînent pas et la première ligne du GP de France est inversée: 1 Prost 2 Arnoux. Les deux équipiers vont tenir ces places très longtemps, laissant augurer un doublé mais … Arnoux abandonne au 75è tour et pire, à la suite d'un problème aérodynamique Prost cède sa première place à deux tours de l’arrivée au profit de Keke Rosberg qui remporte sa première victoire sur une Williams. Le suèdois, ayant amassé de nombreuses places d’honneur au cours de la saison, sera sacré Champion du monde, n’ayant donc obtenu qu’un seul succès. 

     

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                                               Rosberg

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    Photos: DR /                                       

  • Carnets de Grand Prix #8

                 Grand Prix de France 1982  / 23-24-25 juillet

                                       Duel fratricide

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    Après les fourmis bourguignonnes les cigales varoises ! C’est avec plaisir que nous redescendons au Castellet  pour un Grand Prix estival. La R5 Alpine trépigne de joie, sent-elle déjà la belle prestation de l’équipe Renault ? Une chose est sûre ce sera un Grand Prix turbo. Ferrari qui a emboîté  le pas de la firme française en concevant un V6 turbocompressé  compte bien  jouer la victoire comme Brabham avec le BMW 4 cylindres Turbo. Les essais confirment, ce sera un duel en rouge et jaune avec les blancs de Brabham en embuscade .

    Au départ Arnoux le pôleman de même que Prost se font vite griller la politesse par Patrese puis Piquet (Brabham) qui prend la tête mais abandonne peu avant la mi-course. Arnoux se retrouve seul en tête,  Prost suit à distance, sous son casque ça bout. Avant la course l’équipe a décidé de le favoriser car à ce stade de la saison il compte plus de points(19/ 2 victoires) qu’Arnoux (4/ 0 victoire). Au cas où Arnoux serait devant il était prévu que ce dernier ralentirait en fin de course afin de laisser passer son co-équipier mieux classé au championnat. René avait acquiescé mais à quelques encablures du drapeau à damier son avance est telle qu’il juge sa victoire méritée, il refuse de regarder le panneau 1 Prost 2 Arnoux brandi au passage devant les stands. Du bord de la piste nous ignorions ces palabres et applaudissions au doublé des jaunes ainsi qu’à la 3è place de Pironi sur Ferrari …Marseillaise et podium 100% Français. D’où nous nous trouvions ce podium n’était pas visible et c’est plus tard dans la presse que nous découvrons la tronche déconfite de Prost sur la seconde marche du podium.

     

    gp france 1982

     

     

     

    Le lendemain sur le départ pour la Touraine où je "rendais" mon neveu à ses parents, nous déjeunons dans un bar au Beausset…Des gars du cru discutent bruyamment, l’un d’eux demande au groupe : "qui a gagné le Grand Prix hier" ? Un autre répond :   « c’est Arnouxe le meilleureux ! »…

    Nous enquillons donc l’autoroute, au bout de quelques temps nous rattrapons le transporteur Renault qui rentre à Viry, nous doublons, mon neveu ouvre la vitre et brandit le V de la victoire. Le chauffeur nous assène un grand coup de corne au passage.

    SdS

    Photos: DR / 1 Le départ : les Renault et Ferrari vont se faire remonter par les Brabham de Patrese et Piquet / 2 Prost-Arnoux-Pironi 

  • Carnets de Grand Prix #7

    Grand Prix de France / 3-4-5 juill 1981

     

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     Après une impasse Grand Prix en 80 où je suis occupé à l'école de pilotage du Mans Bugatti, nous revoici sur le chemin de Dijon...

    Lors du GP de France 77, nous nous trouvions dans la zone spectateurs face à la courbe parabolique lorsqu’un jeune homme se pose à proximité pour observer les F.1, il s’agissait d’Alain Prost, pilote en formule Renault Europe, ne payant pas de mine avec son nez tordu et sa petite taille, qui courait ici ce week-end. Personne ne lui demanda d’autographe... Peut-être n’imaginait-il pas ce jour là que 4 ans plus tard il monterait sur la première marche du podium de ce même Grand Prix et puis deviendrait le plus grand pilote français à ce jour.

    Après des débuts en 1980 sur Mc Laren dans la discipline reine, Prost est engagé par Renault en 81.

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    Il réalise d’excellentes performances mais des problèmes de fiabilité le privent de victoire en début de saison. Pour « son » Grand Prix Prost part en deuxième Ligne. Piquet domine les 58 premiers tours sur sa Brabham, Prost maintient sa Renault à la deuxième  place lorsqu’une violente averse orageuse incite les organisateurs à stopper l’épreuve qui repart pour une deuxième manche une fois la piste sèche.

     

    Prost va saisir sa chance et prend le large franchissant le drapeau à damier avec suffisamment  d’avance pour l’emporter à l’addition des temps des deux manches. Une nouvelle Marseillaise qui nous enchante, cette année là j’avais emmené mon jeune neveu… Pour fêter un… jeune pilote talentueux qui deviendra quadruple Champion du Monde et constructeur F.1.

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    SdS 

    Photos : 1-2@GM - incursion dans les stands  / 3-4 :DR / Première victoire en F1 pour le "Prostichon national" / 

     

     

  • Carnets de Grand Prix #6

    Grand Prix de France / 29-30juin ,1er Juillet 1979

     

    Dijon 79... Victoire historique... Renault s’était lancé en Formule 1 depuis Silverstone 77 : un défi ! Ne disposant  pas d’un V8 ou V12 de 3 litres, la régie sous l’impulsion de quelques passionnés au service compétition, plonge dans l’aventure du moteur turbocompressé. La règle d’équivalence en F.1 repose sur l’égalité suivante 3 litres atmosphérique = 1,5 litre turbo . Elf avait commandé à la régie la conception d’un V6 2litres ayant brillamment remporté le Championnat d’Europe des prototypes 74 dans un châssis Alpine A 441 .

    Encouragé par ce succès le service compétition s’attaque aux 24 h du Mans avec le 2litres turbocompressé , la direction accepte l’idée de la F.1 mais privilégie un succès au Mans toujours avec Alpine. 78 sera la bonne année. A partir de là l’équipe se concentre à cent pour cent sur la F.1 , ayant réduit le V6 à 1500 cm3 . Les débuts ont été difficiles, contraintes thermiques, temps de réponse, les ingénieurs ne manquent pas d’occasions pour cogiter. Les anglais de la F.1 rigolent bien, ils ne croient pas en l’équipe des jaunes, en 79 ils vont rire jaune...  

    Fiabilité et performances s’améliorent. N’ayant pu me déplacer au P Ricard en 78, je ne rate pas l’occasion de suivre l’équipe Renault à Dijon et ce sera la bonne ! Avantagés par la configuration du circuit et l’altitude relative du site(les atmo respirent moins bien), les français ne rateront pas le coche. Première ligne Renault aux essais, Jabouille et Arnoux sont gonflés à bloc. La concurrence est forte avec Ferrari et Brabham Alfa Roméo dont les puissants 12 cylindres relèguent derrière les équipes anglaises et leur V8 Cosworth. Villeneuve résiste à la pression des jaunes environ jusqu’à la mi-course au prix d’un pilotage d’enfer. Il cède face à Jabouille qui s’envole mais Arnoux qui remonte va lui tirer une sacrée bourre,

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    un j’te passe tu me repasses durant les derniers tours, moment d’anthologie auquel nous applaudissons parmi le public en liesse…Suivent la Marseillaise...Cocorico!... Et l’invasion de la piste.

     

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            SdS

     Photos: DR / 1: « roues dans roues »Villeneuve-Arnoux, le canadien

    reprendra finalement le dessus et la seconde place / 2 : Jean Pierre Jabouille, sa première victoire en F.1 et celle d’un moteur turbo/      

  • Carnets de Grand Prix #5

    Grand prix de France /     1-2-3 juill 1977

    Incorporé depuis octobre 76, Epinal ne représente pas que les images mais la réalité du Régiment de transmission auquel je suis affecté. Je pose mes jours de détente sur juillet afin de me changer les idées et reprendre la direction de Dijon pour le Grand Prix. Cela fait du bien de se replonger dans cet univers où le kaki est absent du prisme exposé à sa vue.

    Le circuit a évolué depuis 74, une bretelle rallonge de 600 m le tracé primaire. Le temps sera radieux tout le week-end, les essais sont dominés par Andretti, Hunt, Nilsson, Watson.

    Au départ du Grand Prix Hunt (Mc Laren) semble en mesure de dominer mais se fait passer par Watson (Brabham) et Andretti (lotus). Jacques Laffite très en verve sur la Ligier à moteur Matra tint longtemps la 4è place mais  rétrogradera jusqu’à la huitième, Hunt finira troisième. La bagarre est indécise pour la victoire et Andretti va menacer Watson qui cravache et tient bon… Cependant dans le dernier tour l’ américain passe la Brabham de l’Irlandais dont le moteur Alfa a trop consommé, déjaugeant à quelques encablures du drapeau à damier. La Lotus 78 l’emporte donc in extremis. Nous ignorons encore qu’elle marquera la période des « wing cars » en F.1.

     

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    Comme à notre habitude au cours de ce weekend nous squattions les stands en fin d’après midi, moment où les mécanos connaissent le coup de feu. Nous avons longuement détaillé la Lotus très élégante dans sa robe nuit et liseré or. Son côté innovant résidait dans ses flancs où son créateur Colin Chapman avait caché sous les  pontons deux ailes inversées créant un substantiel supplément d’appui aérodynamique, des « jupes » en fibres descendaient jusqu’au sol comme un fin balai brosse destiné à canaliser l’air sous les ailes : efficace ! Ce système sera plus tard optimisé. Bien sûr nous n’y voyions que du feu car Chapman tenait son secret, les mécanos n’ôtaient la carrosserie qu’à l’abri des regards indiscrets !

     

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    SdS  

    Photo:  @ B.Cahier 

       

  • Carnets de Grand Prix #4

                    Grand Prix de France 1976     /2-3-4/07/76 

    Après avoir « troqué » ma vieille R8 contre une R5 TL beige métallisé , une « 6 mois collaborateur Renault», nous voici prêts pour une virée plus confort au niveau sonore dans l’habitacle donc moins laborieuse : deux étapes, nous ne sommes pas pressés ! La destination Le Castellet nous semble maintenant familière, nous arrivons la veille des essais. Camping sur place, cette année une voiture française retient notre fibre patriotique. Matra a abandonné la F.1 en 73, Ligier  a pris la relève début 76 avec un V12 Matra dernière génération.

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    Jacques Laffite  a piqué la place de Beltoise qui avait fait le gros de la mise au point durant l’hiver 75-76, notre « baba cool post soixante-huitard » se débrouille pas mal depuis le début de la saison. Depailler pilote sur 6 roues avec la Tyrrell P 34, une innovation que nous avons longuement détaillée après les magazines lors d’une  intrusion en soirée devant les stands : elle trônait sur la voie de remise en piste, étonnant engin avec ses quatre « roulettes » sur le train avant, meilleur freinage sur le papier, surface de roulage identique à une F.1 conventionnelle mais maître couple inférieur avec son avant ultra plat, autrement dit elle pénètre mieux dans l’air, ces avantages théoriques ne se confirmeront jamais sur la piste.

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    N.Lauda, vainqueur en titre et Champion du monde 75 compte probablement réitérer sa belle course de l’an passé. Au cours des essais, il s’est froissé une côte lors d’une manœuvre dans son cockpit et refusera de participer à la course de vélo organisée par le magazine Auto hebdo (nous le saurons plus tard) sur un tour de circuit. C’est l’occasion de voir les pilotes autrement que casqués dans leur monoplace, vision pittoresque ! Je me souviens d’Ickx, Laffite et Fittipaldi qui traînait un peu en fin de parcours. Le jour de la course l’autrichien part en tête mais va casser son moteur laissant un petit groupe compact de furieux s’expliquer : Hunt,le futur vainqueur, Reggazzoni, Peterson, Depailler…Regga cassant aussi, Depailler termine second sur la Tyrrell 6 roues.

     

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    Lauda lui rentrera tôt chez lui, il sera victime d’un accident critique le mois suivant sur le Nurburgring dont il survivra mais qui lui fit perdre le championnat au profit de Hunt en fin de saison malgré son précoce retour en compétition à Monza.

    SdS 

    Photos : 1 @GM / L’équipe Ligier rentre la JS5 au nid pour une partie de mécanique  / Incursion dans les stands/Laffite finit 14è à cause d’un moteur ayant perdu de la puissance en fin de Grand Prix/

    2-3 /  DR / Tyrrell P34  - Hunt Mc Laren M23  /                                                                

  • Carnets de Grand Prix #3

    Grand Prix de Suisse 1975

     

    Cette course ne comptait pas pour le Championnat du monde et les Suisses renouaient avec une épreuve F.1 après que la Confédération helvétique ait interdit la compétition automobile sur son territoire. C’était à la suite du drame des 24 heures du Mans 1955 où la Mercedes de Levegh avait provoqué quatre-vingts victimes parmi les spectateurs.

    Bien sûr tout ceci avait pris forme grâce à un stratagème, ce nouveau G.P. de Suisse se courait sur le circuit de Dijon Prenois en Bourgogne!

    Calé entre les Grands Prix d’Autriche et d’Italie, il permettait, en plus des Helvètes, aux amateurs de F.1 comme moi d’assister à une course de la Formule reine en se déplaçant pas trop loin de chez soi.

    Le plateau était limité, les écuries, pour la plupart n’avaient dépêché qu’une voiture mais il y avait quand même du beau monde : Regazzoni le "régional de l’étape", Depailler, Peterson, Mass, Jarier, Brambilla, Amon…

     

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    Sur sa Ferrari 312T, Rega, le Suisse partait favori au volant de la meilleure voiture du moment, celle que son équipier Lauda, absent, avait placé en tête du Championnat officiel. Ce week-end décontracté m’avait permis de faire un tour du côté du paddock, des stands aux essais afin d’admirer les monoplaces autour desquelles travaillaient les mécaniciens. Ces derniers avaient « déshabillé » les autos et c’était un régal d’observer les formules 1 dépourvues de carrosserie. On pouvait aussi voir ou entrevoir les pilotes plus facilement que sur un Grand Prix comptant pour le Championnat du monde. Je me souviens notamment de Chris Amon, un ancien de chez Matra qui courait sur une récente Ensign, une voiture au développement encore perfectible auquel le néo-zélandais s’était attelé. A cette époque, les pilotes F.1 n’étaient pas traités comme des rois et l’équipe était installée à l’écart dans le paddock, le pilote « résidant » pour le week-end dans une petite caravane. Il devisait avec un technicien devant son auto, son éternelle cigarette au bec.

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    La course fut limpide, Regazzoni se défonça pour l’emporter sur sa flamboyante machine rouge. Il fit honneur à son drapeau en faisant retentir l’hymne suisse sur le podium. Dans la foulée du G.P. de France au Castellet, j’avais donc pu assister cet été là à un bonus, une seconde course F.1 grâce au petit pays qui avait fait de sa neutralité une raison d’être.

     

    En 1982, les Suisses récidivèrent en organisant un ultime G.P. à ce jour, comptant cette fois pour le Championnat du Monde, il se déroula également en territoire bourguignon.

    SdS

    Photos: 1 GM - ambiance décontractée côté mécanique /  2 DR  : Regazzoni vainqueur sur Ferrari 312T/    

  • Carnets de Grand Prix #2

    Grand Prix de France 1975   (4-5-6 /07/75) 

    Enfin motorisé sur quatre roues depuis octobre 74, j’ai « hérité » de la R8 Major achetée à un « pépé » qui changeait d’auto. 70000 km, une aile retapée d’un gris métal pas tout à fait dans le ton de l’ensemble, le système de chauffage fuyant dès ouverture, « l’engin » n’a de « major » que le nom mais me rend bien service…Il sera chargé de nous conduire (le cousin est encore de la partie) jusqu’au Castellet-circuit Paul Ricard dans le Var.

    Pour accomplir ce "périple", je colle le sticker Paul Ricard envoyé avec les billets sur le capot moteur (afin que notre destination soit de notoriété publique) et souscris une assistance routière tant j’ai confiance dans notre monture !

    Départ en avance, nous nous octroyons trois étapes…! Afin de ménager la « Grand Mère » : Normandie-Avallon, Avallon-Belleville sur Saône, Belleville-Le Camp du Castellet. Sur l’autoroute, rythme de croisière petit 120, on s’ennuie un peu d’autant que le chant du 4 cylindres « Cléon » couvre l’auto radio.

    Budget limité, on pratique le camping sauvage et le pique nique : un chemin à l’abri des buissons avec le blé en face, une clairière en bordure d’un bois feront l’affaire…Nous voilà enfin bercés par le chant des cigales, la soif nous invite à Aubagne sur la grand place ombragée du chef lieu de canton de Marcel…(Pagnol)…A peine le temps de se remémorer « La gloire de mon Père » et nous « filons » direction le Plateau du Castelet où Paul (Ricard) fit tracer en 70 un superbe circuit aux allures estivales et infrastructures modernes…De grands espaces par rapport au rural Dijon !

    Arrivés la veille des premiers essais du vendredi, nous plantons comme beaucoup notre toile dans l’enceinte du circuit et faisons un petit tour du propriétaire en fin d’après midi. 

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    Casquette ou bob vissé sur le crâne en permanence, boisson « Tropico » et pan bagna sont notre quotidien des essais, nous marchons beaucoup pour profiter au mieux des différents secteurs de ce long circuit. Juste à côté se trouve une piste d’aviation notamment utilisée par des Canadair et les V.I.P du Grand Prix . Chaque soir s’entraînent deux pilotes dans des avions de la seconde guerre mondiale type spitfire, ce qui complète le spectacle au sol de la journée. Les Ferrari 312 T2 dominent et Lauda enfonce le clou en s’octroyant une pôle qui en dit long sur ses intentions en course. Les espoirs français reposent surtout sur les épaules de Depailler (Tyrrell) et Jarier (Shadow).

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    Niki Lauda confirmera lors du Grand prix en oubliant ses petits camarades, roulant toute la course seul vers la victoire, Scheckter se maintiendra un moment deuxième mais plongera plus tard dans le classement, Hunt sera classé second devant Mass et Fittipaldi le champion en titre.

     Lundi matin, ne voyant pas de centre d’intérêt aussi fort que la F 1 ! Oubliant de visiter le village médiéval du Castellet tout proche, nous plions bagages et nous dirigeons vers Toulon histoire de se tremper dans la Méditerrannée avant de regagner nos pénates en deux étapes cette fois !  

    SdS

    Photo: 1 @ GM  Petit tour dans les stands en fin de journée...  / 2 DR / Niki Lauda vainqueur sur la Ferrari 312 T  /